Revue de presse du Capitaine Nô
Biographie Discographie  Extraits  Presse  Vidéos
Livre d'or  Actualités  Le site  Contact
 
   

Pierre Leith : à surveiller

Québec Presse
Juin 1972
27  Robert Lévesque 

zoom "Trouvez les mots et la musique pour tout le monde" - Pierre Leith

"Trouvez les mots et la musique pour tout le monde" - Pierre Leith


 
 

Pierre Leith est un nom qui ne vous dit encore rien. C'est celui d'un gars de 23 ans qui vient de Laprairie et qui demeure à Montréal. Malgré l'origine étrangère de son nom, c'est un Québécois pure laine, de la génération « charleboisée ». Celle qui a découvert une musique québécoise après la vague des chansonniers. Celle pour qui Janis Joplin et Charlebois sont plus familiers que Vigneault et Monique Leyrac.

Ce Pierre Leith vient, en douce, de lancer, chez Tony Roman, un 45-tours qui fera sans aucun doute beaucoup de bruit. C'est la première chose qu'il fait, concrètement parlant ou commercialement parlant, depuis qu'il a commencé à gratter sa guitare il y a maintenant 7 ans.

Presqu'Amérique

Les « syndicats » et « Le manger » sont les 2 titres présents dessus. Ce sont des textes, plutôt courts, sur l'exploitation de l'homme et sur son désir de libération, mais des mots qui sont englobés, il n'y a pas d'autre expression, dans une musique entièrement originale, moderne, libérée des conventions, en accord avec cette nouvelle mentalité presqu'américaine des jeunes Québécois. Comme celle de Charlebois, la seule jusqu'ici à être la voix de cette Presqu'Amérique, la musique de Pierre Leith pourrait s'imposer très vite.

Contrairement à Charlebois cependant, Leith chante des textes directement engagés dans le quotidien, avec des mots qui sont près du monde. Dans « Les syndicats », il répète sans cesse : « On est tanné de s'faire bosser, tout c'qu'on veut c'est d'être syndiqué », ou « d la marde, on n'a jusqu'aux oreilles, des impôts aussi tant qu’on n’aura pas tout syndiqué, au Québec on pourra pas s'Iibérer ».

Leith se dit conscient que cela est simplifier les problèmes qu'il aborde, mais pour lui l'important c'est que tout le monde entende cela et finisse par réfléchir sur ces simples mots de « syndicat » ou « libérer », ou autres. « J'veux faire des tounes pour tout le monde. C'est ridicule de chanter pour des groupes précis, ou privilégiés. Je veux que mes tounes soient sur le hit-parade et que tout le monde les entende à tous les jours, même ma mère, tout le monde. »

Il faut, pour Leith, que sa musique soit aussi forte que celle des Beatles en qualité et celles de Ginette Reno en ce qu'elle pourra rejoindre le monde ou il est. Mais pour cela, il ne veut pas pour autant faire des compromis « L'important est de trouver les mots pour faire réfléchir dessus », se dit-il.

Dans sa chanson « Le manger », il semble avoir trouvé cette voie. Il dit : « Manger, ça coûte cher. On mange toutes sortes d'affaires, des cochonneries, pis on est plein de maladies… J'sus ben tanné des chips pis des peanuts, j'ai mon voyage des crottes au fromage … J'sus très tanné de m’faire fourrer. » Et tout cela sur une musique mi-crooner américain mi-blues, conjuguant les influences qui nous assaillent.

Avec un "chum"

En plus de ce 45 tours tour se qui révèle un nouveau nom de la chanson au Québec, Pierre Leith prépare un microsillon qui sortira à l'automne. Ce sera son vrai départ. Pour cela, il travaille des musiques et des textes depuis 6 mois sérieusement. Mais il s'amuse avec la musique depuis qu'on lui a donné une guitare pour ses 16 ans « J'ai appris la musique sur les galeries, à Laprairie. C'est un chum qui m'a fait découvrir « The House of the Rising Sun ».

Après avoir lait les Arts appliqués, de la peinture et de la sculpture, puis s’être trempé dans le cinéma Pierre Leith a découvert que seule la musique pouvait devenir son métier. Spécialiste du « son » (il a été professeur à l'Université du Québec dans ce domaine), il a lui-même, en louant un studio à la CIL, enregistré et « mixé » quelques-unes de ses chansons qui ont emballé l'équipe de Tony Roman.

Pierre Leith joue du piano, de la guitare, de l'harmonica. Il chante. Il n'a jamais appris la musique. Il n'aime que Bob Dylan et ces vieilles chansons américaines comme « Star Dust ». Il est à surveiller.

 
 

Page Précédente

 
 
Accueil | Biographie | Discographie | Extraits | Presse | Vidéos | Livre d'or | Contact | Le site | Actualités